Comment sortir d’un burn out ?

Comment sortir d'un burn out ?

Lorsqu’une personne souffre d’un excès de stress répétitif et régulier à cause du travail, cela peut la conduire à un état de burn-out. Souvent exprimé par un épuisement professionnel, ce dernier touche une personne sur quatre, mais n’est pas considéré comme une maladie selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Alors concrètement, qu’est-ce qu’est le burn-out, comment reconnaître un état d’épuisement professionnel et comment en sortir ? 

Je vous laisse découvrir…

Qu'est-ce que le burn-out ?

L’état de burn-out aussi appelé le syndrome de l’épuisement professionnel se traduit généralement par une profonde fatigue et un épuisement moral, physique ou émotionnel causé par le travail. Nous pouvons aussi constater dans ce cas une baisse d’engagement ainsi qu’un sentiment profond de malaise au travail. C’est à ce moment précis que le corps et la tête nous disent stop ! Le burn-out peut être dû à plusieurs facteurs, nous citons à titre d’exemple :

  • Surcharge de travail ; 
  • Le surmenage ; 
  • Pression subie au quotidien (par les supérieurs, les clients, etc) ; 
  • Être constamment surveillé et ne pas être autonome ; 
  • Problème au sein de l’entreprise (avec le manager, les collègues, etc) ; 
  • Absence d’équité ; 
  • Manque de reconnaissance ;

Les types de burn-out ?

En effet, dans l’article d’aujourd’hui nous parlons principalement du burn-out professionnel, néanmoins, il existe plusieurs types de burn-out. Ces derniers diffèrent selon le cas et la situation vécu par l’individu, nous citons :

Le burn-out professionnel

Il s’agit ici d’un état de fatigue et de stress intense causé par le travail. Ce syndrome apparaît lorsque la personne se sent en stress quotidien et chronique dans son travail.

Le burn-out parental

C’est le fait de se sentir submergé par les responsabilités parentales et ne pas pouvoir trouver l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Dans ce genre de situation, la personne a le sentiment d’inefficacité parentale.

Le burn-out maternel

Aussi appelé le syndrome de l’épuisement maternel, il apparaît à la suite d’une fatigue physique et psychique chronique. C’est ce sentiment de stress quotidien, de débordement et de malaise que la mère peut ressentir. Cette dernière vit cette phase comme un échec dans son rôle de mère.

Le burn-out familial

Il se traduit par un mal-être psychologique d’un ou de plusieurs membres de la même famille. Parmi les signes qui peuvent se présenter : des tensions présentes au sein du cadre familial, un comportement négatif, agressif, etc.

Le bore-out

Il se caractérise par un état d’épuisement professionnel causé par l’ennui au travail. L’individu se sent ennuyé dans son quotidien au travail par manque de tâche et est en manque d’épanouissement dans sa vie professionnelle.

Les symptômes du burn-out

En effet, il existe plusieurs symptômes et signes physiques ou émotionnels qui permettent de détecter le burn-out. Ils peuvent différer d’une personne à une autre, selon la personnalité de chacun. Il est important de prêter attention à ses derniers et de ne pas prendre cela à la légère. Voici quelques exemples de symptôme qui doivent vous alerter :

  • Fatigue et épuisement ; 
  • Anxiété ; 
  • Perte d’intérêt pour le travail ; 
  • Insomnie ; 
  • Stress quotidien ; 
  • Sentiment de négativisme lié au travail ; 
  • Démotivation ; 
  • Problème de mémoire ; 
  • Problème de concentration ; 
  • Maux de tête ;
  • Étourdissement ; 
  • Trouble digestif et perte d’appétit ; 
  • Relation d’ordre privée et personnelle (amical, amoureuse) affectées par les différents symptômes cités ci-dessus. 

Le petit coup de pouce

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Les solutions pour sortir d'un burn-out

Sortir d’un état de burn-out, d’épuisement et de stress régulier n’est pas chose aisée. Dans cette situation, il est important de savoir s’écouter et d’apprendre à reconnaître les signes que notre corps et notre psychique peuvent nous envoyer. Il existe en effet, plusieurs méthodes de guérison :

  • Il est conseillé de voir un professionnel spécialisé dans le burn-out. Un psychologue par exemple et de prendre le temps d’assister à des sessions régulières chez ce dernier ;
  • Assister à des thérapies de groupe ;
  • Apprendre à se poser des limites et à dire non ;
  • Votre médecin vous prescrira un arrêt de travail qui est d’ailleurs nécessaire pour que vous vous reposiez et pour que vous puissiez prendre du recul (avec une durée variable selon la prescription du spécialiste) ;
  • Il est important aussi de vous retrouver et de passer du temps avec votre famille ou/et ami (e) afin d’apporter un équilibre entre votre vie professionnelle et personnelle ;
  • Faire une pause et voyager ;
  • Pratiquer une activité sportive vous aidera à évacuer votre stress ! Comme par exemple : la natation, l’équitation, le yoga ou encore la course à pied. À vous de choisir le sport qui vous passionne et qui convient le mieux à ce que vous recherchez ;
  • Repensez votre mode de vie et évitez tout excès de stress pour votre bien-être physique et moral ;
  • Changer de boulot si nécessaire et trouver un travail qui vous passionne ;

Témoignage de Carole

Afin d’en apprendre davantage sur l’état de burn-out et sur comment ce dernier est vécu par les différents individus, nous avons contacté quelques personnes qui ont accepté de répondre à nos questions et de partager leurs expériences avec nous. Voici leurs témoignages.

Dans quel contexte avez-vous vécu votre burn-out et quand a-t-il eu lieu ?

Mon épuisement professionnel a d’abord commencé au printemps 2014 à la crèche où je travaillais à ce moment-là. Un premier malaise comme ça que je croyais sans sens. Puis à partir de novembre 2015 les malaises et autres signes se sont enchaînés. Je suis en pleine VAE à enchaîner mon temps plein et à travailler ma VAE sur mon jour off. Ma vie personnelle était aussi compliquée. J’accompagne aussi à la crèche un enfant suspecté d’hyperactivité et troubles du comportement, il me demande beaucoup d’énergie.

Quels ont été les symptômes selon votre expérience ?

Fin décembre 2015 les nuits commencent à se raccourcir, j’ouvre les yeux à 5 heures du matin et je ne me rendors jamais. Je suis à fleur de peau pour tout, très irritable. Je n’arrive plus à communiquer aussi bien sur le pro que le perso ou alors je suis très sèche, je suis très angoissée. Tout est flou dans ma tête alors que je suis persuadé de tout maîtriser. Les malaises se rapprochent, une fois / mois pour finir par deux par semaine… Je pars en ambulance de la crèche ce jour-là. 

Ce ne sont pas des malaises, à vrai dire, une sensation de vertige qui s’empare de mon esprit. Parfois cela me crée des trous noirs, je n’arrive plus à lire les transmissions du soir pour les familles par exemple. La direction de la crèche ne me comprend pas, ne m’accompagne pas du tout. Voire même m’enfonce, encore plus en me disant “qu’il est difficile de communiquer avec moi en ce moment”. Après ma courte hospitalisation aux urgences, je suis dirigée vers mon médecin. Il met tout juste les mots sur mes maux : je suis épuisée !

Quelle chance j’ai eue de le trouver sur mon chemin. 

Je ne me suis pas arrêté car je ne veux pas, pour moi je ne vais pas si mal. L’impression aussi de me dire que si je m’arrête alors là je tombe.

Comment avez-vous surmonté cette épreuve ?

Mon médecin me prescrit une batterie de check : cardiologue (je porte pendant un mois un holter), neurologue, ORL. Et bien sûr séance hebdomadaire chez une psychiatre. Les retours médicaux sont unanimes : je vais bien, à part un début de surdité avancé pour mon âge. Les malaises sont dans la tête. Là, je change de crèche pour me rapprocher de mon domicile et je change d’emploi du temps. Mais je ne change pas de directrice. Je travaille aussi pendant deux ans avec la psychiatre. 

Les dernières séances ne sont que du confort. Je reprends confiance en moi, je suis moins angoissée, je commence le yoga, ma vie se pose à nouveau. Je souffle à nouveau et les malaises n’existent plus. Lors d’un entretien annuel en 2019, la directrice de la crèche m’avoue qu’il est plus facile de communiquer avec moi maintenant. Enfin, je lui dis alors que j’étais en phase de burn-out en 2015, elle blêmit, elle ne s’en était pas rendu compte…

Et enfin comment vous sentez-vous maintenant ?

Aujourd’hui, je vais très bien. J’ai fini ma VAE qui a été le principal facteur déclencheur de cet épuisement. Mes angoisses sont toujours là, mais maintenant, je sais les gérer et les appréhender. Le yoga m’aide énormément. Maintenant, je parle aussi de ce burn-out, j’en ai fait ma force d’en être sortie. C’est sous jacent ce genre d’événement ça ne tombe pas comme ça du jour au lendemain. J’ai réussi à mettre en place plein d’outils dans ma vie pour me sentir plus sereine et détendue.

Témoignage de Julie

Dans quel contexte avez-vous vécu votre burn-out et quand a-t-il eu lieu ?

J’ai fait un burn-out il y a un an, en plein mois d’août, deux semaines avant mes vacances d’été. J’étais journaliste en CDI depuis 22 ans dans un journal local. Quelques mois avant mon burn-out, nous avons subi un changement de logiciel et en parallèle une réorganisation des services, c’est-à-dire moins de personnes pour faire le même boulot. La direction partait du principe que ce fameux logiciel allait nous faire gagner du temps. C’est évidemment le contraire qui s’est produit. Nos conditions de travail se sont dégradées (beaucoup de stress, d’heures de boulot, d’énervement face à un outil pas adapté), la charge de travail a augmenté de fait et le management est devenu toxique (injonctions contradictoires, culpabilisation). Les arrêts maladie se sont alors multipliés.

Quels ont été les symptômes selon votre expérience ?

Le matin où j’ai « pris le mur » (c’est la meilleure image pour moi), je me suis réveillée épuisée. J’ai pris mon service en début d’après-midi, j’ai fait le point avec mon supérieur comme d’habitude. J’étais en télétravail alors. Puis il a fallu se mettre au boulot, faire les tâches habituelles et là, déconnexion totale entre mon esprit et mon corps. Je ne savais plus comment travailler. 

Mon esprit me disait de me bouger et mon corps ne réagissait pas. Par chance (si on peut dire), j’étais suivie par une psy du travail depuis le changement de logiciel. Elle m’avait trouvée fatiguée fin juillet et m’avait dit : « si vous sentez que ça bascule, allez voir votre médecin traitant illico ». Je me suis souvenue de ces paroles. Il était évident que quelque chose clochait. Je n’étais plus moi-même. 

Mon médecin m’a arrêtée d’abord 3 semaines. Une semaine avant la reprise, mon corps a lâché. Ça a commencé comme une sciatique, impossible de marcher, des douleurs vives et incessantes. J’étais clouée à mon canapé toute la journée. Incapable de faire quoi que ce soit. Tout ce qui avait un lien avec la concentration, le cognitif m’était impossible, sortir les poubelles par exemple me demandait un gros effort. La psy m’a expliqué que mon cerveau avait été tellement en surchauffe qu’il s’était mis sur pause. 

J’ai fait des crises d’angoisse, des crises de larmes. J’étais terrorisée à l’idée de repartir travailler dans cette entreprise. J’ai été prolongée. Ça a duré un an jusqu’à ce que la médecine du travail me déclare inapte.

Comment avez-vous surmonté cette épreuve ?

Au départ, j’ai été suivie tous les 15 jours par une psy du travail pour reprendre confiance en moi, comprendre ce qui s’était passé, me reconstruire parce que le burn-out, c’est la balle de bowling qui éclate les quilles. J’ai eu parfois des idées suicidaires, des périodes de profond désarroi, il m’a fallu une aide médicamenteuse pendant quelques mois. J’ai commencé à reprendre le dessus 3 à 4 mois plus tard. J’avais un projet de reconversion professionnelle en tête, c’est ce qui m’a permis d’aller de l’avant. Mes amis ont été d’un grand soutien également, bienveillants, encourageants. La nature m’a aussi fait un bien fou. On ne se rend pas compte à quel point une simple marche en forêt vous apaise.

Et enfin comment vous sentez-vous maintenant ?

Aujourd’hui, j’ai tourné la page, mais cette expérience douloureuse m’a totalement transformée. Plus jamais je ne ferai passer mon travail avant ma santé. J’ai choisi une nouvelle activité en indépendant pour être mon propre patron, et m’organiser comme je le sens. J’ai encore des séquelles cognitives de mon burn-out. J’oublie des mots très simples que je viens de prononcer par exemple. Et dès que je reste trop concentrée sur une tâche, mon corps me le fait sentir. Je suis facilement épuisée. 

C’est un mécanisme de défense a priori. J’ai aussi appris à dire non. J’entends parler du burn-out à tout-va. Dès que quelqu’un est surchargé de boulot ou a une phase de déprime, il « est en burn-out ». Mais je voudrais dire que ça n’a rien à voir. Déjà, le burn-out, vous en avez honte donc vous n’en parlez pas au début. Et puis ça ne dure pas que quelques jours ou 3 semaines et hop, on continue comme si de rien n’était. 

C’est un tsunami qui vous emporte loin pendant des mois et vous laisse des séquelles, vous rend incapable de réaliser des choses que vous n’aviez aucun problème à faire avant. Je m’agace souvent quand je vois que ce terme est galvaudé parce que je sais personnellement ce qu’il recouvre.

Témoignage d'Alisson

Dans quel contexte avez-vous vécu votre burn-out et quand a-t-il eu lieu ?

C’est difficile à dater exactement, mais ça date du premier semestre 2022, entre février et juin. De premiers accès d’anxiété marqués en février assortis de 6 semaines d’arrêt, puis un diagnostic d’épisode dépressif en juin. Pour le contexte : je suis traducteur indépendant depuis 2012, j’ai eu un engagement associatif bénévole au Comité directeur du syndicat des métiers de la traduction de 2019 à 2021 inclus, ce qui m’a ajouté beaucoup de travail. D’autant qu’en 2021, j’ai aussi commencé ma formation pour me reconvertir et devenir médiateur. 

Donc je termine l’année 2021 épuisée, et j’ai du mal à vivre le déconfinement. Le retour à la « vie normale » à croiser plein de monde a été assez difficile pour moi, j’avais perdu une bonne partie de mes compétences sociales. 

À cela, s’ajoute une nouvelle activité qui ne démarre pas et une ancienne activité qui s’effondre bien plus vite que prévu avec des difficultés financières à la clé. Je savais que j’étais fatigué et que je jouais avec mes limites, mais le premier déclencheur sérieux (en février) a été de voir mon compte professionnel presque vide, mon compte personnel presque vide, mon épargne presque vide, un carnet de commandes vide et très peu de factures encore en attente de paiement.

Quels ont été les symptômes selon votre expérience ?

Une très grande fatigue, déjà amorcée au deuxième semestre 2021, avec un besoin de repos beaucoup plus fort. Début 2022 arrive un niveau d’anxiété important est ressenti et en parallèle 6 semaines d’arrêt de travail. Mais le plus insidieux, ça a été la perte de motivation progressive (que j’ai prise pour de la fatigue) : je n’avais plus envie de faire ce qui me plaisait d’habitude et je n’y prenais même plus plaisir. Je me souviens d’avoir participé à un concert avec l’orchestre de mon école de musique, mes seules émotions ont été « ouf, c’est fini ». Pas de stress avant, pas de satisfaction après. Du coup, la démotivation a aussi atteint mon activité professionnelle, avec beaucoup de difficulté à avancer sur mes projets.

Comment avez-vous surmonté cette épreuve ?

Grâce à la prise d’antidépresseurs associée à un suivi psychologique. Les antidépresseurs m’ont aidé à retrouver très rapidement l’énergie et la motivation nécessaires pour reprendre un fonctionnement normal, et notamment pour reprendre en main mon activité professionnelle. Je n’estime pas en être encore totalement sorti, mais la machine est relancée. Je m’estimerai sorti quand on aura réussi à arrêter le traitement sans déstabiliser mon humeur.

Et enfin comment vous sentez-vous maintenant ?

Beaucoup mieux. Je fonctionne de nouveau à peu près normalement. J’ai retrouvé la motivation de travailler sur mon projet professionnel (qui est un projet qui me tient à coeur). En revanche, je reste beaucoup plus fatigable et j’ai encore du mal à me motiver pour des activités de loisirs.

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En résumé...

Vous savez maintenant qu’il ne faut en aucun négliger les différents symptômes qui peuvent se présenter ! Le syndrome de burn-out est à prendre en charge dès le début afin d’éviter que ce dernier devienne chronique. N’oubliez pas qu’il est possible de s’en sortir en adoptant les bonnes pratiques. Et en mettant en place les mesures adéquates afin de lutter contre l’épuisement professionnel.

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